Maroc : la super structure, dans un mois

Energies renouvelables : La superstructure dans un mois

Noor 2 et 3 seront près de 15% moins chers que Noor1. L’enjeu actuel, dans la filière mondiale du solaire thermique (CSP), est de continuer à réduire les coûts tout en augmentant les performances énergétiques .

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«Début juin». C’est la nouvelle petite visibilité offerte par Mustapha Bakkoury,  président de directoire de Masen, sur le bouclage du chantier qui devrait transformer l’agence. La future super-structure qui en découlera prendra en charge la feuille de route du Royaume sur les énergies renouvelables. «Nous avons très bien avancé», se contente d’ajouter le patron de l’agence solaire, qui accueillait jeudi 5 mai à Casablanca, d’importants partenaires financiers, en l’occurrence la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds d’investissements climatiques (Fic). L’objectif de cette rencontre était de partager les expériences tirées des développements des centrales CSP sur le complexe solaire de Noor Ouarzazate.

Le statut de la nouvelle structure

Annoncées en fin décembre dernier, les nouvelles prérogatives stratégiques de l’agence porteront, outre le solaire, sur les secteurs de l’éolien et de l’hydraulique. Cela devrait s’accompagner d’une synergie renforcée, sur le volet opérationnel, avec l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) en sa qualité de gestionnaire et d’exploitant exclusif du réseau électrique national. Ces derniers mois, Masen, ONEE et les autres acteurs institutionnels du secteur (Aderee, SIE, etc.) ont multiplié les réunions  autour du statut de la nouvelle structure. Les changements attendus seront d’abord législatifs. La loi 57-09, portant sur la création de Masen et définissant les missions de celle-ci, devrait en effet connaître quelques légères retouches. L’enjeu sera d’en élargir la portée et d’y inclure les nouvelles filières qui passent désormais dans le portefeuille de l’agence.

Le chantier sera aussi d’ordre financier. Sur ce volet, justement, plusieurs observateurs anticipent du mouvement dans le tour de table de l’organisme. L’ONEE, en l’occurrence, devrait monter dans le capital de Masen pour arriver à une configuration 50/50 avec l’Etat. Le statut juridique actuel de l’agence la définit comme une Société anonyme (SA) à capitaux publics, détenue à parts égales par l’Etat marocain, le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, la Société d’investissements énergétiques (SIE), ainsi que l’ONEE. L’Office offre déjà une garantie d’achat pour les projets solaires réalisés et ceux en développement, étant pour le moment le client exclusif de l’électricité produite dans le cadre du programme Noor. Cette donne a d’ailleurs eu des influences sur l’attractivité des projets auprès des investisseurs privés, en dépit de l’importance du niveau de risque pris dans une filière, somme toute, encore bien nouvelle au Maroc.

Enfin, l’autre évolution logique attendue s’opérera dans les ressources humaines. «Nous intégrons déjà plusieurs cadres et expertises en vue de cette transition», confie une source auprès de l’agence. Celle-ci vient d’ailleurs de prendre ses quartiers dans de nouveaux locaux flambants neufs sur la Rocade de Rabat. Nouvel environnement pour de nouvelles ambitions: l’objectif de ce big-bang institutionnel est d’insuffler davantage de cohérence dans la politique du Royaume sur les énergies renouvelables.  De 2016 à 2030, ce sont quelque 10.000 MW de capacités en EnR qui devraient être installées. Cela nécessitera, à cette échéance, 30 milliards de dollars d’investissement. Du pain sur la planche…

L’économiste.