Au Maroc, le Green Building Park, un centre pilote pour l’éco-construction

Dans la suite de son récent centre de développement et démonstration sur l’énergie, l’Iresen, en partenariat avec l’Office chérifen des phosphates veut développer le Green Building Park, un centre de recherche, de développement et de test pour l’écoconstruction à 70 km de Marrakech. Un projet à 8 millions d’euros co-financé par l’agence de coopération de Corée du sud.

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Fort de l’expérience de son Green Energy Park, opérationnel depuis quelques mois, au Maroc l’Institut de recherche en énergies renouvelables et énergies nouvelles (Iresen) prévoit de lancer la construction à Ben Guerir d’un “Green Building Park” pendant la Cop22 qui s’ouvrira le 7 novembre à Marrakech.

Il s’agira d’un bâtiment passif et autonome comprenant quatre laboratoires de recherche pour étudier la construction écologique dans le contexte marocain”, explique à L’Usine Nouvelle Badr Ikken, président de l’Iresen. Comme le Green Energy Park (photo ci-dessous), le Green Building Park (GBP) est financé par la coopération internationale et côté marocain à parts égales par l’Iresen et le groupe public de phosphates OCP, promoteur de la “Ville verte” de Ben Guerir.

Chacune des parties apportera 25 millions de dirhams soit environ 2,3 millions d’euros (1 000 dirhams = 92 euros) pour construire le bâtiment lui-même, tandis que les équipements feront l’objet d’un don de l’agence de coopération de Corée du sud à hauteur de six millions de dollars.

Le GBP renfermera quatre laboratoires. Un ‘fab lab’, sorte de laboratoire de fabrication, sera ouvert au public pour permettre à des étudiants et autres entrepreneurs en herbe… de réaliser des prototypes. Un laboratoire de caractérisation et de valorisation des matériaux locaux permettra d’étudier les opportunités offertes “par des matériaux comme la terre, le chanvre ou les pierres disponibles en grande quantité au Maroc”, indique Badr Ikken, directeur général de l’Iresen. Un laboratoire de mesure et de test des matériaux utilisés dans le bâtiment permettra de passer à l’expérimentation.

Cette dernière se fera notamment à travers la construction de 25 petites maisons de 25 m² chacune destinées à loger les étudiants. Autonomes en énergie, construites dans des matériaux spécifiques, bardées de capteurs, ces maisons pourront mesurer l’évolution de la consommation énergétique, de la température…

L’idée est, contrairement au Green Energy Park, de proposer des solutions plus ‘micro’, plus décentralisées“, explique Badr Ikken. Cette démarche devrait permettre de faire émerger des solutions pratiques et adaptées à l’habitat rural au Maroc marqué par la pauvreté et l’isolement.

Un laboratoire ‘smart grid’, dédié aux réseaux intelligents, étudiera la conception de réseaux électriques efficients associant nouvelles technologies et optimisation de la distribution, du stockage et de la consommation électrique.

Notre priorité sera d’étudier l’efficience énergétique en particulier, mais également l’intégration pertinente des technologies liées aux énergies renouvelables dans l’architecture des bâtiments”, précise Badr Ikken (pour rappel, le Maroc sur la base de la loi dite 47-09, promulguée le 29 septembre 2011 et dont les derniers textes datent de 2015 s’est doté d’une réglementation thermique du bâtiment dite RTBM).

Pour renforcer leur action et la faire connaître, l’Iresen et l’OCP voudraient aussi organiser, à côté du Green Building Park, le Solar Décathlon Africa. Créée en 2002 par le département d’Etat américain à l’Energie, cette compétition internationale universitaire récompense la meilleure habitation utilisant l’énergie solaire construite grandeur nature pour l’évènement. “Nous aimerions pouvoir signer l’organisation du Solar Décathlon pendant la Cop22 avec le département américain de l’Energie, pour qu’il se tienne 18 mois plus tard, à côté du Green Building Park“, indique Badr Ikken.

Au-delà du GBP, l’OCP et l’Iresen veulent continuer à décliner le concept de centre de recherche et de développement spécialisé dans d’autres domaines du développement durable. “Notre conseil d’administration a décidé, récemment, de la construction d’un troisième centre : le Water Energy Park, nous annonce Badr Ikken. Pour son installation, deux sites sont encore en balance. Nous discutons également autour d’un Bio Energy Park, pour l’étude de l’énergie de la biomasse à l’horizon 2018“.

Usine Nouvelle.