Au Maroc, le coût de la dégradation de l’environnement réduit de 20% en 14 ans

Le Maroc a réussi à réduire de 20% le coût de la dégradation de son environnement par habitant entre 2000 et 2014, selon une étude de la Banque mondiale rendue publique mercredi 9 novembre, pendant la COP22, à Marrakech.

“Cette réduction est liée à l’augmentation de la taille de la population, mais si l’on ramène le coût des dégradations en 2014 à la population du pays en 2000, alors le coût de la dégradation de l’environnement pour la société marocaine baisse tout de même de 12 à 13%”, précise Benoît Blarel, en charge des programmes environnementaux pour le Maghreb et le Machrek auprès de la Banque mondiale. En dépit de cette bonne nouvelle, la dégradation de l’environnement coûte encore au Maroc 3% à 4% de son PIB par an soit 33 milliards de dirhams (1 000 dirhams = 92 euros).

“Cette amélioration est le fruit des politiques volontaristes du Maroc”, explique Benoît Blarel. En 2000, dans la gestion des déchets, l’Etat marocain ne prenait en charge que la collecte. Les poubelles, comme les eaux usées partaient directement dans la nature.

“Beaucoup d’investissements ont été faits dans l’assainissement. Surtout, le coût de la dégradation des forêts a été pratiquement ramené à zéro”, a-t-il souligné. Les dégâts liés au défrichement et à la désertification apparaissent cependant par le biais de la dégradation des sols qui, elle, a augmenté pour atteindre un montant évalué à près de 5 milliards de dirhams.

Tandis que le Maroc règle certaines difficultés, il en voit apparaître d’autres. “L’augmentation de la pollution de l’air a coûté près de 10 milliards de dirhams au Maroc en 2016. C’est un phénomène lié à la croissance économique qui va devenir un gros problème à régler, très lié aux politiques du climat. Il y a aujourd’hui des discussions entre le ministère des finances et de l’environnement sur comment mieux appréhender ce problème”, a indiqué Benoît Blarel.

Les déchets industriels et dangereux ainsi que les eaux usées industrielles sont également un secteur de plus en plus polluant. “Aujourd’hui, les entreprises de nos parcs industriels gèrent seules leurs déchets dangereux, nous n’organisons la collecte que des déchets banaux”, indique une représentante de la société d’aménagement à capitaux publics MedZ. Et pour cause, à son siège social, la société stocke sans savoir qu’en faire ses propres déchets dangereux : piles et tubes néons par exemple ou déchets de production.

“Il existe trois mécanismes d’aide très peu connus des industriels pour leur permettre de réaliser des investissements environnementaux”, a toutefois rappelé Abdelouhed Fikrat, secrétaire général du ministère de l’Environnement. Ce dernier offre une aide financière aux entreprises qui souhaitent réduire leurs émissions polluantes. Elle peut aller jusqu’à 40% de l’investissement nécessaire. “Pour la pollution de l’air, nous avons une cagnotte de 18 millions de dirhams. Pour l’eau, les agences de bassins disposent de 50 millions de dirhams pour aider ce type de projets”, a-t-il révélé. A bon entendeur.

Usine Nouvelle.