Ghardaïa : Un pôle d’excellence pour les énergies renouvelables en devenir

Le vœu d’une poignée de responsables, de chercheurs et d’investisseurs dans le domaine des énergies renouvelables, qui ont payé de leur temps et de leurs neurones pour constituer un dossier bien consistant, est de voir émerger un centre d’excellence de formation dédié aux métiers des énergies renouvelables à Ghardaïa.

Tous les atouts sont réunis pour l’émergence, in situ, d’un centre d’excellence de formation dédié aux métiers des énergies renouvelables, estiment nos différents interlocuteurs. A l’appui, chiffres, graphes et statistiques, sur les besoins futurs du pays en termes d’énergie, avec passage sans transition du fossile au renouvelable, propre et écolo. Après moult réunions, discussions et âpres confrontations d’idées et de propositions, le consensus a pris la forme d’un dossier dont, conviction oblige, la stratégie de persuasion s’articule autour de quatre paramètres fondamentaux pour la réussite du projet.

Quatuor

Pour concrètement faire face à la fluctuation des prix du pétrole sur le marché mondial, et donc à l’amenuisement des recettes pétrolières, il est temps de parier sur les énergies renouvelables, sources inépuisables pour un développement durable. Etre à l’abri d’une brutale dégringolade des prix des hydrocarbures, nécessite de diversifier les sources de financement du développement par l’adoption d’une drastique stratégie énergétique prenant en considération les énergies renouvelables comme complément aux énergies fossiles.

L’autre élément est de se positionner en parfaite synergie avec le programme des énergies renouvelables (2015/2030), qui vise, par ailleurs, la mise en service de près de 22 000 mégawatts (MW) en énergie verte à l’horizon 2035-2040, et ce, dans l’optique de la réalisation d’un surplus en énergie et ainsi, contribuer au développement de l’industrie et à la croissance économique, et, partant, à la réduction du recours effréné à la fiscalité pétrolière dans l’équilibre financier et macroéconomique de l’Etat.

Le troisième argument avancé, et non des moindres en cette période de crise, est la spécificité de la région et l’immense désert que compte le plus vaste pays d’Afrique, qui impose, rationnellement, nécessairement et objectivement, l’adoption de nouveaux réflexes de gestion par un management cognitif d’appoint. En guise de quatrième argument, les experts parlent de l’investissement et de l’apport de partenaires étrangers, installés dans le pays et dont certains seraient déjà prêts à s’impliquer dans le projet, par un apport technologique de qualité.

Retard

Selon un des membres de la cellule de réflexion, «notre pays accuse un immense retard en matière de développement durable. Repenser une autre trajectoire économique en prenant en considération l’épuisement des énergies fossiles, le changement climatique et la gestion urbaine de demain, implique foncièrement de nouveaux paradigmes en matière de développement humain par une nouvelle vision de la gestion des espaces géographiques».

Pour un autre chercheur, «l’adoption d’un virage à 180° en direction des énergies propres, qui englobent les énergies renouvelables (éolienne, hydrolienne, solaire, etc..), mais aussi des barrages hydrauliques et du gaz naturel, qui sont stratégiques et surtout écologiques, devient incontournable, voire obligatoire. C’est une problématique d’actualité, qui s’inscrit de toute évidence dans la durée. L’après-pétrole est inévitable, car le pétrole est non renouvelable, polluant et surtout devenu une dépendance à plus de 90 % de nos ressources financières».

Formation professionnelle

C’est sur la base de ces arguments qu’est née l’idée de la nécessité de créer un centre de formation d’excellence, avec une poignée de cadres et de chercheurs dans le domaine des énergies renouvelables réunis autour du directeur de la formation et de l’enseignement professionnels de la wilaya de Ghardaïa, Abderrahmane Djâafri, avec comme noyau Messaoud Bouhada, chef de service de suivi des établissements de la formation professionnelle de la wilaya de Ghardaïa, Djerd Ali, directeur du centre de Bounoura, lui-même formé en Allemagne sur les énergies renouvelables, Mohamed Chenatlia, ancien directeur d’institut et consultant au niveau de la CCI M’zab, qui a apporté sa précieuse contribution à l’enrichissement de la mouture de textes pour l’élaboration du dossier de projet de création de ce centre d’excellence.

L’apport de Kaddour Messaitfa, grand investisseur dans le domaine des énergies renouvelables, qui s’est lancé corps et âme dans cette aventure, en coopération depuis 2013 avec l’entreprise allemande Green Energy 3000 — dont les projets lancés, ou en cours de lancement, sont financés à 100% sur fonds propres à hauteur de 160 millions d’euros — est indéniable. Le dossier, transmis le 23 novembre 2016 au ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, semble avoir trouvé une oreille attentive auprès de la tutelle.

Selon M. Bouhada, «l’idée a germé après le constat de la disponibilité sur place de structures hautement qualifiées dans le domaine des énergies renouvelables, (Uraer et SKTM), d’un vivier de chercheurs expérimentés et hautement qualifiés appartenant au secteur des énergies renouvelables et d’investisseurs prêts à se lancer dans le projet». L’équipe qui a planché sur ce projet de création se dit confiante en son aboutissement tant tous les indicateurs, techniques, scientifiques et économiques, penchent pour sa création dans la wilaya de Ghardaïa qui dispose de toutes les garanties pour son succès.

«Ce projet apportera beaucoup à la région et au pays», nous confie Kaddour Messaitfa.

El Watan.