Création d’une Agence nationale des énergies renouvelables au Burkina Faso

Le marché des énergies renouvelables est fortement désorganisé au Burkina Faso, a estimé vendredi le ministre Alfa Oumar Dissa qui fonde beaucoup d’espoirs sur la nouvelle Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE), pour structurer ce secteur très porteur, au bénéfice de tous les Burkinabè.

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«Notre rêve est que demain, si vous allez dans un village autour de Gorom-Gorom (localité située dans le Sahel burkinabè) où il n’y a plus de bois de chauffe, qu’un ménage moyen soit en mesure de chauffer l’eau en utilisant le solaire, de faire la cuisine en utilisant une cuisinière solaire et d’avoir accès à l’électricité en utilisant un panneau solaire».

Le ministre burkinabè en charge de l’Energie, Alfa Oumar Dissa a formulé ce vœu le vendredi 7 octobre 2016, au cours d’une conférence de presse, dédiée au lancement de l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE), créée deux jours plutôt en conseil de ministres.

«Tous les pays qui ont eu des programmes ambitieux en matière d’ÉNERGIES renouvelables et qui représentent aujourd’hui des succès ou des exemples, se sont basés sur des structures qui permettent d’encadrer le secteur de sorte à le rendre beaucoup plus profitable», a affirmé le ministre Dissa.

Selon lui, malgré ses énormes potentialités, le Burkina Faso peine à développer et à profiter pleinement des énergies renouvelables du fait de l’inorganisation du secteur.

«Si nous prenons les énergies renouvelables (…) sur toute la ligne, sur l’ensemble des maillons, nous avons un désordre total (…) Aujourd’hui, personne ne sait d’où viennent les composantes solaires, leur qualité, qui est réellement un bon installateur», a indiqué Alfa Oumar Dissa. «Aujourd’hui, nous ne pouvons pas (non plus) nous aventurer à signer des contrats avec des entreprises privées, sans savoir au quotidien qu’est-ce que ces entreprises vont injecter sur le réseau de la SONABEL (Société nationale d’électricité du Burkina)», a ajouté le ministre.

D’après M. Dissa, la création de l’ANEREE vise à prendre en compte ces préoccupations liées au solaire mais également celles concernant d’autres énergies renouvelables tels que les biocarburants. En termes d’efficacité énergétique, il a soutenu que les ménages peuvent réduire drastiquement leur factures d’énergie, en installant des lampes économiques ou en en optant pour des constructions architecturales qui privilégient la lumière naturelle.

L’efficacité énergétique passe également par une réduction des pertes au niveau du transport de l’énergie et par des installations électriques conformes au niveau des industries, a fait savoir le ministre. Pour que l’expérience de l’ANEREE ne soit pas «éphémère», le département de l’Energie envisage de créer avec le ministère des Enseignements, un Institut national des Energies renouvelables pour former des ressources humaines qualifiées, a annoncé le ministre Dissa.

Au final, grâce aux agréments qui seront délivrés par l’ANEREE, d’une part les populations pourront être assurées de la qualité du matériel et des installations et d’autres parts, les projets étatiques seront bien exécutés, a déclaré Alfa Oumar Dissa. Pour réussir ses missions, l’Agence a déjà pris des contacts avec des partenaires tels que l’Agence marocaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et le Centre de la CEDEAO pour énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, basé au Cap-Vert.

 

Principales missions de l’ANEREE

  1. Contrôler, encadrer et favoriser le marché des Energies renouvelables (ER) et de l’efficacité énergétique (EE).
  2. Etablir une Stratégie nationale de promotion de l’efficacité énergétique.
  3. Accompagner, valoriser et piloter les projets d’envergure nationale dans le domaine des ER/EE.
  4. Fédérer le privé, les ONG et les partenaires techniques et financiers dans le domaine des ER/EE.
  5. Exécuter des prestations commerciales et toutes autres missions de services publics dans le domaine des ER/EE.
  6. Soutenir la recherche, l’innovation et la formation dans le domaine des ER/EE.