La centrale solaire de 15 KW de Touba Pakh bientôt fonctionnelle

Sous peu, le village Touba Pakh ou Filogo (pour certains) sortira de l’obscurité. La centrale solaire d’une puissance de 15 KW, installée par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) sera opérationnelle dans une semaine au grand bonheur des populations.

Le représentant du chef du village de Touba Pakh, Serigne Djily Diaw, affiche un large sourire. Une joie de voir le tapis herbacé en ce début d’hivernage envahit cet agriculteur-éleveur. Son bonheur s’explique surtout par l’annonce de la mise en service de la centrale solaire de 15 KW, installée dans son village par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), dans son volet électrification rurale. Touba Pakh, ou pour d’autres Filogo, a attendu ce moment depuis plus de 50 ans. Les nombreuses sollicitations pour l’électrification du village étaient restées sans suite. Aujourd’hui, cette bourgade, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Boulal, sur l’axe Louga-Dahra, va sortir des ténèbres. Jusqu’ici, les populations avaient recouru à des panneaux solaires pour satisfaire leurs besoins primaires en énergie. Cette centrale solaire constitue une véritable aubaine. Toutefois, se rendre à Touba Pakh ou dans cette zone n’est pas facile à cause de l’inexistence de bonnes pistes. Il faut emprunter des pistes sablonneuses et caillouteuses. Un véritable calvaire. Les visiteurs sont obligés de demander le chemin pour ne pas se perdre même si en ce début d’hivernage, les difficultés sont moindres grâce à la levée des semis et du tapis herbacé. Les tracés sont devenus plus visibles. Sur le trajet, les travaux champêtres ont repris.

La centrale solaire est composée de 60 panneaux de 250 KW chacun. Les locaux techniques, en phase de finition, sont constitués d’un bloc préfabriqué avec une salle abritant des onduleurs, une salle d’exploitation et une autre de batteries. Selon l’expert-énergie du Pudc, Seydou Diallo, le choix du préfabriqué s’explique par le fait qu’il protège mieux les équipements électriques. Cette centrale solaire a une « puissance supérieure aux besoins des populations du village. « Nous avons intégré les besoins immédiats, à court et moyen termes », a indiqué M. Diallo. Il souligne que le courant produit est identique à celui du réseau national de la Senelec. C’est pourquoi, la gestion de l’énergie se fait de façon automatique à travers deux types d’onduleurs. Il est également possible d’ajouter d’autres sources d’alimentation (groupes électrogènes, énergie éolienne, entre autres) et même coupler le système au réseau de façon automatique à l’aide d’un paramétrage tenant compte des saisons et des aléas climatiques. En plus de l’installation, le Pudc a opté pour un « monitoring automatique » dans la gestion de cette centrale. Un dispositif qui peut être, de l’avis de l’expert en énergie, consulté à distance.

Éclairage public

La centrale sera mise en service dans une semaine, selon Seydou Diallo, après l’achèvement de toutes les installations dans trois jours. Après le démarrage de l’exploitation, les populations pourront se brancher au réseau. Pour le moment, les entreprises contractantes vont s’attaquer à l’installation des poteaux électriques pour l’éclairage public. « Nous ne pouvons que rendre hommage au président de la République. Nous sommes satisfaits de cette réalisation qui aura un impact réel sur notre vécu », a déclaré Serigne Djily Diaw, représentant du chef du village. « Avec cette centrale solaire, nous pourrons mettre en service nos réfrigérateurs et tous nos équipements », a-t-il ajouté. La dame Ndèye Seck soutient que cette infrastructure énergétique leur « rend leur dignité et permettra aux femmes de s’adonner à des activités génératrices de revenus comme la vente de glaces et ses dérivées, de poissons, de légumes frais, etc. ». « Nous achetons le sachet de glace à 200 FCfa l’unité. Si cette centrale solaire devient fonctionnelle, nous allons mettre en marche nos frigos et le prix de la glace va baisser. Nous pourrons conserver nos aliments en toute sécurité notamment le poisson qui coûte cher dans la zone », confie-t-elle, enthousiaste.

En dehors de l’énergie, l’autre préoccupation reste la réalisation de la piste Boulal-Deh Aly, sur une distance de 40 km. Les femmes espèrent l’érection d’une case de santé, à défaut d’un poste de santé. Pour les consultations médicales, les populations de Touba Pakh sont obligées de se rendre à Boulal ou à Sagata Djolof en parcourant, au moins, une vingtaine de kilomètres. L’année dernière, la dame, Ndoumbé Bâ, avait accouché à bord d’une charrette en se rendant au poste de santé de Boulal. Malheureusement, son enfant n’a pas survécu. Le directeur national du Pudc, Cheikh Diop, a noté les doléances et les a rassurés que l’ambition du chef de l’État, Macky Sall, c’est de réduire les inégalités sociales pour un développement harmonieux du pays. Il a exhorté les populations à veiller sur l’infrastructure qui a coûté près de 100 millions de FCfa.

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