Afrique : quelles perspectives pour les solutions EnR en off-grid ?

Ruée vers l’or ! Révolution. Désillusion ? … L’électrification de l’Afrique grâce aux solutions d’énergies renouvelables est un sujet à la mode, mais il porte autant d’espoirs que d’incertitudes. Dans une étude consacrée plus spécifiquement aux solutions off-grid, le cabinet PwC fait le point sur l’état du marché et ses perspectives.

Gains multiples

620 millions de personnes vivent encore sans électricité en Afrique. Or celle-ci engendre dans les territoires des gains multiples : prolongement des activités économiques, facilitation des activités culturelles et éducatives (lecture, écriture, travail scolaire), meilleure inclusion grâce aux outils de télécommunication (radio, TV). Enfin, lorsque l’électricité de source renouvelable vient en remplacement des solutions pétro-sourcées, son impact sur la santé et l’environnement n’est pas négligeable : on estime aujourd’hui que les effets secondaires des fumées émanant de solutions kérosènes causent plus de décès que le paludisme et le VIH combinés.

Off-grid : de quoi parle-t-on ?

Ces dernières années, la baisse du coût des technologies solaire a largement boosté le déploiement des solutions off-grid en Afrique, que PwC sépare en deux catégories : les mini-grid et le SHS. Les mini grid – ou mini réseaux – sont des solutions de 5kW à 1 MW pouvant alimenter plusieurs foyers, voire une industrie. Ils nécessitent une installation conséquente qui s’apparente à celle du réseau national, à petite échelle. Les SHS (solar home system) sont des solutions individuelles de production d’électricité, qui nécessitent une installation légère. Au maximum, ces solutions alimentent quelques foyers, on parle alors de nano-grids.

Forte hausse

Entre 2011 et 2015, les ventes de SHS en Afrique sont passées de 0,5 million à 11,3 millions d’exemplaires. PwC souligne d’une part l’évolution du cadre réglementaire dans quasiment tous les pays africains permettant l’émergence de ce type de solutions. « La création d’agences d’électrification rurale, le lancement d’appels à projets hors-réseau […] stimulent l’offre et contribuent au développement du marché », soulignent les auteurs de l’étude. D’autre part, les entreprises privées développent des solutions de plus en plus sophistiquées, s’appuyant pour certaines sur des matériaux de pointe et de l’intelligence embarquée, associée à des solutions de financement (pay as you go) qui augmentent l’accessibilité financière de ces systèmes.

Ainsi, selon l’étude Smart Villages de l’Université de Cambridge, citée par PwC, 45% de la population non électrifiée dans le monde pourrait avoir accès à l’électricité via des mini-grids d’ici 2040, et 25% via des solutions SHS.

Attention aux écueils

Pour autant, PwC ne prédit pas de boom et n’exclut même pas que les SHS soient un échec. Le cabinet souligne en effet plusieurs challenges de taille qui peuvent encore obérer le boom du off-grid en Afrique. Les entreprises du secteur soulignent notamment un environnement des affaires difficile avec des difficultés dans l’importation des solutions sur le continent (douanes élevées, délais de livraison…). Le risque d’une crise de confiance liée à la diffusion de contrefaçons ou de produits génériques de mauvaise qualité n’est pas à exclure. Enfin l’accès au financement est encore problématique. « Compte tenu du risque perçu par les établissements financiers traditionnels et la longue durée du retour sur investissement (6 ans), l’accès au financement peut représenter un défi majeur pour les opérateurs », souligne l’étude.

Pour PwC, il est essentiel que les pays élaborent des planifications long terme qui intègrent à la fois des solutions on-grid et off-grid. « Il s’agit de composer le mix le plus pertinent entre les différents moyens d’électrification. A ce jour, cela représente un défi considérable pour les pouvoirs publics », conclut PwC…

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